La suite du musée de la paix.

Publié le par orobas

Bon comme je l'ai dit dans le précédent billet, ce musée est très bien fait sauf, à mon avis, la dernière partie. En fait quand vous entrez dans les deniers mètres, une vision totalement différente de ce que vous avez pu voir jusqu'alors s'offre à vous. En une ligne, c'est comme si vous passiez du Louvre au musée de la torture de Londre.

La transition se fait par la reconstitution d'un mur en brique ayant plus ou moins résisté au souffle de l'explosion. Après le mur, sur la gauche, trois corps en cire, la peau pendante, vous expose les effets de la chaleur extrême sur le corps humain. Les statues, je peux encore les comprendre. Mais le pire n'est pas là. La fin de la visite se compose uniquement d'objets retrouvés proche des victimes ou même des vêtements en lambeaux des victimes. À ces objets on associe parfois des photos des corps calcinés ou partiellement brulés, souvent le sujet de la photo était encore en vie. Chacune de ces "reliques" fait l'objet d'un petit texte, récité avec une voix triste, directement au creux de vos oreilles. Ces textes vous donnent les noms prénoms et âges des enfants à qui appartenaient ces objets ou vêtements. Ils racontent tous une histoire plus ou moins sordide sur ces enfants qui travaillaient à Hiroshima et qui ont subi la bombe. Sur ces parents qui sont partis à la recherche de leurs progénitures et qui ne pouvaient les identifier qu'avec les noms sur les vêtements.

 

Alors, bien sûr, tous ces évènements sont tragiques, jamais cela ne doit se repeter.

Mais j'ai dans l'idée que faire accepter une idée aussi importante soit elle en fondant son argumentation sur l'émotionnel reviens à mon sens à prendre le risque qu'une fois les sentiments estompés, l'idée ne soit plus acceptée, que même si l'idée est fondamentale, la cause sans l'émotion semble désuète.

En d'autres termes pour défendre une cause, la compréhension est plus importante que l'émotion. En cela je trouve que cette dernière partie du musée n'a pas sa place. Ou alors peut être en début de parcourt.

Publié dans Voyage au Japon

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PopGorn 17/07/2008 12:30

Le raisonnement se tient, mais après réflexion, je me dis que si on veut vraiment faire passer un message sur l'importance d'une vie humaine, le plus efficace reste la présentation de situations précises dans lesquelles le visiteur peut se projeter et se confronter à ses émotions. Le problème d'une simple réflexion rationnelle est qu'elle peut aussi bien conduire à justifier le crime.
Comme disait Staline (désolé pour la référence ...) : "Un mort est une tragédie, un million de morts est une statistique".

orobas 18/07/2008 11:27


Je suis d'accord qu'une reflexion rationnelle peut conduire a justifier un crime. Mais le cote emotionel est beaucoup plus efficace pour justifier l'injustifiable.
Un exemple simple.
Aujourd'hui la peine de mort est interdite en France (mais pas au Japon). Si demain un referendum doit se tenir pour la retablir et qu'a une semaine du vote, une affaire comme "Fourniret" eclate.
Meme si la relfexion rationnelle ne change pas, l'emotionnel va prendre le dessus et la peine de mort risquerais d'etre retablie.
Jouer sur l'emotion des gens pour faire accepter quelque chose est une pratique dangeureuse car elle permet tout les abus ... Meme si ici la cause est plutot positive.


trach 25/06/2008 11:06

Sans problème...

trach 24/06/2008 18:18

Je l'ai Rhapsody en Aout, je pourrais te le prêter à ton retour.

orobas 25/06/2008 03:09


Ca va, je te l'emprunterais a mon retour.
Sinon je n'ai pas lu les bienveillantes, je suppose que je pourrais te l'emprunter en meme temps.
Merci ;)


NoX 23/06/2008 23:14

Hmmm, c'est une question difficile. Je crois qu'un film récent (que je n'ai pas vu) "Et puis, les touristes" parle très bien du travail de mémoire et de la lente dégénération touristique d'Auschwitz.
Je te rejoins dans le fond évidemment mais je peux dire une chose. Ce ne sont pas mes cours d'histoire, ce n'est pas la visite du musée d'Hiroshima dont je me rappelle mais bien de l'histoire de la petite flamme qui brûle dans le parc Ueno.
Enfin, l'Histoire on la comprend bien sûr mais si on l'écoutait ça se saurait :D

orobas 24/06/2008 05:21


Mouai, il faudrait que j'essais de voir ton film. Ca a l'air interessant


kiji 23/06/2008 22:01

ce qui m'a le plus interpellé dans ce musée ce sont les sihouettes noircies de personnes atomisées et reduites en cendres. Ces cendres projettées par le souffle de la bombe ont laissé sur un mur des ombres éternelles...

orobas 24/06/2008 05:23


Dans le meme genre, il y a les marches de pierres blanchies par la chaleur ou l'on vois tres clairement la marque noire de la personne qui etait assise attendant l'ouverture.
Mais cela reste dans l'emotion, plus que dans l'explication ...