Une fois n'est pas coutume ... L'annulation de mariage ...

Publié le par orobas

Je ne parle pas politique sur ce blog, mais la ce fait divers commence à me casser les oreilles et à vrai dire la manière dont les médias et les politiques le traite m'énerve particulièrement.

Vous avez sans doute entendu parler de ce cas d'annulation de mariage. Au cas où je rappelle les faits. Un couple musulman se marie en 2006, alors que la marié avait affirme être vierge l'époux découvre que ce n'est pas le cas. Se sentant trompé il demande l'annulation du mariage. Durant le procès l'épouse avoue le mensonge et lui explique qu'il ne peut fonder une union solide qui est parti de mensonges. Le tribunal prononce donc l'annulation au motif du mensonge . Et c'est là que cela passe d'un fait divers banal à une affaire d'état.

Le mélange de la liberté sexuelle et de l'islam était parfait pour exploser, les journaux ne titrent pas "elle a menti, le mariage est annulé", mais "Mariage annulé pour non-virginité" ou "Mariage annulé : "l'obscurantisme est de retour"" ou encore "indignation après un mariage annulé faute de virginité". De toutes part, les accusations fusent, on entend par endroit que l'islam prend un peu plus le pouvoir en France, des associations féministes crie au scandale, nous revenons plus de deux siècles en arrière pour le droit des femmes. Les politiques se révoltent de la décisions du tribunal.

Moi aussi un certain nombre de fait me choque dans cette histoire. Mais apparemment, pas les mêmes que tout le monde. Commencons par l'article 434-25 du Code pénal : Est interdit le fait de chercher à jeter le discrédit, publiquement par actes, paroles, écrits ou images de toute nature, sur un acte ou une décision juridictionnelle, dans des conditions de nature à porter atteinte à l'autorité de la justice ou à son indépendance.

La loi, que nos chers hommes politiques sont censés respecter afin de montrer l'exemple indique bien qu'une décision de justice rendue ne doit pas être discrédité. À mon sens, qualifier une décision de justice de "discriminatoire" ou de "scandaleuse" est contraire à l'esprit même de cet article. Mais ils vont plus loin. Si l'une des parties est mécontente du verdict d'un procès elle a un mois pour faire appel de cette décision. Le jugement a été rendu le premier avril et pourtant au début du mois de juin le gouvernement a, sans l'accord des ex époux, décidé de faire appel de cette décision. Certain ont demandé à ce que la loi pour l'annulation soit supprimé, ce qui implique que pour un possible abus d'une loi on en ignore les bienfaits. Où est, dans ces trois exemples, passé le respect des règles de la république par ceux qui sont censé en être les garants.

Passons au traitement de l'information par ce qui nous sert de journalistes. Un des principes de base du journalisme voudrait que l'information soit présenté avec une analyse montrant les différents points de vue. Or à part le point de vue du scandale, je n'ai pas trouvé grand-chose. Je n'ai pas ou très peu (trop peu) entendu parler d'autres cas d'annulation de mariage. À quel moment les journalistes ont expliqué que cette loi peut aussi servir dans des cas utiles ?
Imaginons, deux célibataires se rencontrent, aux fils des diverses discutions, l'homme affirme ne jamais avoir été marié, ici il ment, pourquoi, l'histoire ne le dis pas. Après plusieurs mois/années, ils se marient et peu de temps après, l'épouse découvre, par hasard, que son conjoint est en fait déjà divorcé. Alors, bien sûr cela ne change pas fondamentalement leur relation actuelle. Mais il est facile d'imaginer que la femme trompée puisse commencer à douter sur son compagnon, après tout s'il a menti sur ce point-là, il cache peut être d'autre chose. Il est assez facile d'imaginer que cette situation pourrait envenimer un couple, j'accorde que ce n'est pas non plus une obligation.

Revenons à l'annulation du mariage. Depuis que l'affaire a éclaté, je n'ai encore jamais entendu l'avis des deux principaux intéressés, pourquoi ??? Est-il si difficile d'imaginer que dans ce cas précis, l'homme qui a demandé l'annulation du mariage n'a pas voulu contrevenir aux règles de la république. Si difficile d'imaginer que le fait qu'il soit musulman n'a pas joué dans sa décision de demande d'annulation ??? Peut-être que cet homme quand il dit que la sincérité de sa femme est la qualité essentielle sur laquelle il a été trompe est de bonne foi.

Continuons un peu dans cette histoire. À la lecture de ces lignes, on pourrait penser que je ne vois que la surface des choses. Que dans mon esprit, il est impossible que l'épouse ai elle aussi était bafoué. Bafoué par exemple dans sa liberté à disposer de son corps comme elle l'entend.

Effectivement j'ai pris pour suppositions ici que les deux époux étaient libre et qu'il n'existait aucune pression de la part des familles ou de la religion. En fait j'ai pris les mêmes suppositions que le tribunal a dû prendre pour rendre son jugement. La question qui se pose alors est la justice doit elle allé voir ce qui se passe derrière ou doit elle se limiter à écouter ce qui se passe au sein de son tribunal. Je n'ai pas ici de réponse.

Pour revenir à l'épouse, je ne vais pas resservir les banalités sur le fait qu'il vaut mieux pour elle qu'elle ne passe pas sa vie avec un homme comme ça. Il est effectivement probable que cette femme ai subi des pressions de la part de sa famille et que ce mariage fut arrangé. Il est aussi probable que son éducation ne soit pas en accord totale avec les principes de la république française, notamment sur le droit de disposer de son corps ou sur la liberté de penser. Il y aurait certes de très longues lignes à écrire sur les problèmes que pose l'intégration de l'Islam à la république. Mais ce n'est pas ceci que je dénonce ici. Ce qui me choque dans le traitement de cette information est le lynchage réalisé à partir d'une supposition. C'est le manque d'objectivité et de diversité de points de vues dans le traitement d'une information.

Pour conclure, il ne faut pas entendre ici une critique sur le fond de cette affaire, mais sur la manière dont aujourd'hui les politiques et les médias traitent les informations. Nous sommes aujourd'hui dans un traitement émotionnel de l'information. Exit les analyses sur les bénéfices et les effets pervers des lois, exit les témoignages pour aider à comprendre. Aujourd'hui on se limite à faire vibrer les citoyens pour qu'ils suivent ... pas à leur faire comprendre ...

Publié dans Divers

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Ségo 07/06/2008 21:26

Je suis d'accord avec Nox ;-)
et je ne dirais qu'une seule chose à aucun endroit dans le coran est écrit que la femme doit être pure pour le mariage... mais bon comme toujours l'homme peut aller tremper son biscuit où il veut mais pas la femme... NO MORE COMMENT

NoX 07/06/2008 01:12

Osef de ces conneries stp.
J'ai bien compris que tu veux parler du traitement de l'affaire mais pas de l'affaire en elle même, mais ça ne prend que 3 lignes sur tout ton texte !! Quitte à parler politique, parle plutôt de la FAO, de la réforme des institutions, des règles officielles, ce que tu veux mais évite nous ce 'bruit' médiatique.

orobas 07/06/2008 09:39


Nox et sa maniere de parler plus que directe. Enfin j'ai bien compris le message.


trach 06/06/2008 20:34

En fait, à la base, je crois que c'était une loi pour que les femmes puissent annuler un mariage si leur mari se révélait impuissant...
Le problème surtout c'est que la pression des familles sur les jeunes filles risque de s'accentuer.

orobas 07/06/2008 09:41


Effectivement, mais la c'est un autre probleme.
Le probleme que je voulais denoncer c'est la derive de la politique reflechie vers une politique emotionelle.