
Après deux tournées, l'homme confiant décide
de partir. La soirée continue environ une demi-heure dans le même ton. Les trois compères restant nous proposent alors de les suivre dans un
karaoké pas trop loin du restaurant. Il nous était bien sûr impossible de refuser une telle offre. Le
karaoké au Japon c'est comme le vin en France, si cela n'existait pas les étrangers ne sauraient même pas où se trouve le Japon. Pour information, il y a deux types de
karaoké au Japon, les box et les bars. Les bars sont comparables à ce que l'on trouve en France, les box sont en fait de petites pièces dans lesquelles ne chantent qu'un petit groupe d'amis.
Un jour je ferais un sujet là-dessus. Je demande donc si nous allons dans un box, ils me répondent que non. Nous nous retrouvons donc au 5eme étage d'un immeuble proche de la station de métro dans
un bar répondant au doux nom français de « l'espoir ». Ça change vraiment du restaurant, décors sobre et classe un peu genre salon privé de cabaret. Un grand bar éclairé par des néons bleus, quatre
belles Japonaises en robe de soirées longues attendent les clients ... Le
karaoké est aussi un bar a hôtesses et
un classe en plus, pas un bar à
entraineuse miteux de la rade de Toulon. À
peine
entré nous sommes accueillis en grande pompe par la maitresse de maison et deux minutes plus tard des verres pleins et une bouteille portant le nom d'un de nos compères sont déposés à notre
attention sur la table (il devait être un habitué des lieux). Deux des quatre Japonaises nous rejoignent quelques instants plus tard. Forcement nous nous demandons où nous avons bien pu atterrir et
ce qui va bien pouvoir nous arriver (et surtout combien allons nous payer). À partir de ce moment il faut faire très attention une chose : ne pas casser nos verres, ils sont magiques. À peine nous
les vidons qu'ils se remplissent tout seuls. Des
verres d'abondance cela doit couter très cher, je dirais dans les 10 000¥ de l'heure avec la main d'abondance qui va
avec et qui est souvent rattachée à une Japonaise en robe longue.
Apparemment comme dans le restaurant les Gajins ne doivent pas être nombreux à venir dans ce «
karaoké », notre présence fait sensation même auprès des autres tables qui nous demandent d'où nous venons. Comme il est facile de s'en douter, il a fallu chanter en français pour ne pas
décevoir l'ensemble des personnes présentes. La chanson qui s'est alors impose à nous (et qui est une des seules chansons françaises du répertoire) : « les Champs Elysée ». En fait c'est nous qui
avons ouvert le bal du
karaoké. La suite a été assure par
la Japonaise qui était avec nous depuis le départ. Une magnifique interprétation de «
la Isla Bonita » de
Madona. Sur
ce coup-là elle a pas mal assurée, par contre le
salaryman de la table d'à côté a complètement massacré «
she loves
you » des Beatles, je pense que c'est autant
dû
à son taux d'alcool dans le sang qu'à son incapacité à parler l'anglais. Par contre, je dois dire à leur crédits que
les chansons en japonais ils les chantent
vraiment bien. J'ai d'ailleurs étonné tout le monde en chantant en japonais avec eux, comme j'arrive à lire les
katakanas et les
hiraganas j'arrive à chanter ... mais forcement je ne
comprends rien. Les deux plus beaux moments de la soirée nous furent quand même offerts par le
salaryman ivre de la table voisine, le premier quand il a déchiré son
t-shirt à la manière de l'incroyable Hulk, le second quand, le pantalon sur les chevilles, il a mis un micro dans son caleçon et qu'il a tenté d'y faire chanter les hôtesses.
Aux alentours des minuits notre groupe quitte le bar. Nouveau miracle japonais tout est encore gratuit ... mais comment est-ce possible. Impossible de convaincre nos
hôtes de
payer une partie de la soirée qui a quand même dû leur couter bien cher.
1) tu as de la moule
2) tu es un gaijin donc c'est normal
3) tous les japonais cont comme ça y compris avec les autres japonais...